Lille a renouvelé sa scène food ces huit dernières années avec une génération de chefs qui revisite la cuisine flamande, nordique et du monde avec des produits du marché de Wazemmes, des producteurs des Hauts-de-France, et de la bière artisanale locale. Le Vieux-Lille, Wazemmes, Rihour, le Sud et Saint-Maurice Pellevoisin concentrent les adresses qui comptent.
L’identité nordiste reste une ressource narrative qui sert les restaurants lillois quand elle est exploitée avec mesure. Brasseries artisanales voisines nommées, maraîchers picards, produits de la mer du Nord, fromages du Pas-de-Calais : ces ancrages se traduisent en contenus qui performent localement et différencient de la concurrence parisienne qui tend à l’uniformité.
La presse gastronomique lilloise (La Voix du Nord, Nord Éclair, Sortir à Lille, Lille Actu) suit de près les nouvelles adresses et déclenche ses articles à partir d’un seuil de notoriété sociale mesurable. Les médias régionaux Hauts-de-France et belges (les frontières se croisent à 20 minutes) amplifient la portée des adresses qui travaillent une ligne flamande ou transfrontalière.
Deux pièges pour les restaurants lillois sur les réseaux. Un, importer les codes parisiens mécaniquement : Lille a sa propre identité culinaire et l’audience locale le perçoit immédiatement. Deux, se limiter à un public strictement lillois alors que la zone de chalandise naturelle s’étend sur la métropole européenne lilloise (Roubaix, Tourcoing, Villeneuve-d’Ascq, jusqu’à Kortrijk côté belge) : le rayonnement transfrontalier est un levier sous-exploité.