Marseille vit depuis 2018 une renaissance culinaire majeure, portée par une génération de chefs qui revisite la cuisine méditerranéenne locale avec des produits du port, des collines et de l’arrière-pays. Le Panier, le Cours Julien, Notre-Dame-du-Mont, Endoume, le Vieux-Port et la Joliette concentrent des adresses qui ont fait reparler la gastronomie marseillaise à l’échelle nationale et européenne.
L’identité marseillaise est une ressource narrative considérable que les réseaux amplifient quand elle est exploitée. Pêche du jour citée par nom de pêcheur, produits du Vallon des Auffes ou de la Goudard, anchoïade, pois chiches de la Roque-d’Anthéron, huile d’olive des domaines voisins : ces ancrages se traduisent en contenus TikTok et Instagram qui performent localement et nationalement. Les adresses qui ignorent cette matière se privent d’un avantage narratif unique.
La presse gastronomique marseillaise (La Provence, Marcelle, Gomet, Made in Marseille, La Marseillaise) suit les comptes des nouvelles adresses avec attention, comme le font les médias nationaux (Le Fooding, Télérama, Guide du Routard) qui couvrent largement Marseille depuis la renaissance gastronomique récente. Le croisement presse-réseaux est plus rapide que dans la plupart des villes françaises.
Deux pièges récurrents pour les restaurants marseillais sur les réseaux. Un, sur-jouer l’identité méditerranéenne jusqu’à la caricature (cigales, pastis, accents forcés dans les scripts) : l’audience locale marseillaise décroche immédiatement et l’audience nationale lit l’effort. Deux, rabattre la cuisine marseillaise à la seule bouillabaisse et à la pizza : la nouvelle génération culinaire est beaucoup plus diverse, et n’en montrer qu’une partie étroite prive la marque de ses vrais angles narratifs.